Tableau en marqueterie réalisé par
Armande et Geoffroy de Bazelaire
à l'occasion du centième anniversaire
de la Galerie Berger. ( 1905 - 2005 )


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Écran de Cheminée
à tablette

par Pierre Roussel



Réf. 1927

Écran de Cheminée dit "à feu",
de forme cintrée, à coulisse et double parement 
en bois de rose massif.


Il comporte une tablette rabattable 
en marqueterie à décor de vases et d'ustensiles
flanquée de deux petits bougeoirs amovibles
 



et repose sur des montants droits finement 
moulurés reliés entre eux par
une barre repose-pieds gainée de cuir.

Son piétement, de type bipode,
est composé de doubles patins.


Il est garni d'une feuille coulissante ornée,
sur ses deux faces, de scènes cynégétiques peintes
et rehaussées de gouache dans le goût d'Oudry,
qu'il est possible de régler en hauteur 
à l'aide d'une crémaillère logée
dans la rainure interne du montant droit
et d'un bouton-poussoir.

Estampille de Pierre Roussel
(1723 -7 juin 1782)

Reçu Maître, le 21 août 1745

http://galeriebergerlexique.blogspot.com/search/label/ROUSSEL%20Pierre

Fin de l'époque Louis XV

vers 1765 - 1770

Hauteur 93 cm
Largeur 55 cm
Profondeur 31 cm



Notice

Parmi les nombreux types d'écran inventoriés par Nicole de Reyniès dans l'ouvrage qu'elle consacre au mobilier domestique, notre écran se distingue à la fois par sa spécificité et sa rareté.

Sa spécificité

Contrairement aux règles corporatives, qui voulaient que la réalisation des écrans soit réservée aux menuisiers, notre écran est, ici, l’œuvre d'un ébéniste.

Son auteur, Pierre Roussel, l'a traité comme une pièce de mobilier à part entière en le dotant d'une tablette rabattable, de bougeoirs et d'un repose-pieds.

Sa rareté

Le fait de recourir, pour sa conception à du bois de rose massif, en non du bois de rose plaqué, lui confère une certaine rareté, quand on sait combien cette essence était un produit d'importation fort coûteux et qu'elle n'était généralement utilisée qu'avec beaucoup de parcimonie...

Si l'on y ajoute le laque utilisé pour orner les bougeoirs, notre écran peut, ainsi, rejoindre la catégorie des petits meubles précieux et légers, dits de luxe, qui ont contribué au raffinement atteint par les arts décoratifs, tout au long du dix-huitième siècle.

Bibliographie


"Le Mobilier Français du XVIIIe siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002 

"Les Ebénistes du XVIIIe siècle"
  Comte François de Salverte
  F. de Nobele, Paris - 1962

"L'Art et la Manière des Maîtres Ébénistes Français au XVIIe siècle"
  Jean Nicolay
  Editions Pygmalion - 1976
 
"Les Roussel
  Une dynastie d'ébénistes au XVIIIe siècle"
  François Quéré
  Editions Faton - 2012

"Le mobilier domestique"
  Nicole de Reyniès
  tome II
  Imprimerie nationale - 1992

"Le monde fabuleux des Écrans de cheminées des XVIIIe et XIXe siècles"
  Galerie Flore - 2003
  

Table de Salon
"en Chiffonnière"

par Mathieu-Guillaume Cramer


 


Réf. 1766

Très belle Table de Salon, dite
"en Chiffonnière", de forme rectangulaire.





Elle ouvre, en façade, par un tiroir découvrant quatre compartiments et repose sur des pieds, de type fuseau.

Elle présente une riche marqueterie de bois précieux
dans l'esprit néoclassique :





  • le plateau est orné d'un bouquet composé de roses et de pivoines sur un fond de bois de violette dans des encadrements de bois de rose.
  • les façades, comme les côtés, sont recouverts d'une marqueterie, dite de "cœurs et losanges entrelacés" sur des fonds de bois clair (sycomore ou érable teinté).
  • les montants, à pans coupés, sont prolongés par des pieds ornés de cannelures simulées.
     

Elle comporte une belle ornementation
de bronze doré, telle que : 
galerie ouverte, œillet de serrure,
cannelures, moulure à ressauts, 
bagues et sabots.

Estampille de Mathieu-Guillaume Cramer
(mort, le 4 juillet 1804)

Reçu Maître, le 4 septembre 1771

 
http://galeriebergerlexique.blogspot.com/search/label/CRAMER

Époque Louis XVI

vers 1775 - 1780

Largeur 51.5 cm
Profondeur 38.5 cm
Hauteur 74.5 cm


Notice 

Influencé par les théoriciens et les ornemanistes, qui prônent un retour à la nature et aux décors à l'antique, Mathieu-Guillaume Cramer excelle dans la création de meubles en marqueterie à motifs géométriques sur fond de bois clair, dit bois gris.

Sa fantaisie le conduit à jouer sur les motifs et les teintes des bois. Le fleuron quadrilobé, qui est à la base de la plupart de ses compositions, apparaît au gré de son imagination dans des encadrements divers, telles que lignes arrondies, figures géométriques ou losanges...

Sur cet aspect ornemental, notre table est à rapprocher du bureau à cartonnier anciennement conservé au Ministère de la Marine, mais aussi de celui passé en vente à Paris au Palais Galliera, le 28 novembre 1972 (Lot n° 142).


On retrouve le même type de décor sur deux bonheurs du jour offrant une marqueterie de cœurs et de losanges entrelacés similaire à la nôtre, également estampillés Cramer : l'un figurait  dans l'ancienne collection Wildenstein, puis Ojjeh (vente Sotheby's, Monaco, 25 juin 1979, lot n° 55),



 Documentation Sotheby's

l'autre est conservé à Versailles dans les Petits appartements de la Reine.


Musée du Château de Versailles

Là où notre table se singularise, en revanche, c'est en raison de la présence d'un bouquet ornant le centre de son plateau, qui démontre une nouvelle fois que, si Mathieu-Guillaume Cramer n'a pas été réellement novateur dans le domaine des lignes et des formes, il a excellé dans l'art de la marqueterie, n'hésitant pas à se laisser parfois entrainer par un élan de créativité, comme c’est ici le cas sur notre table, où le naturel (composition florale) le dispute au néoclassicisme (décor répété de cœurs et de losanges entrelacés).

Un inventaire dressé suite au décès de sa femme, en 1783, est révélateur sur l'état de son commerce et de sa production. Outre le fait qu'il y soit décrit plus de 200 meubles, finis ou inachevés, il apparaît qu'il s'agit principalement de tables diverses, mais aussi de commodes ou de secrétaires.

Les marqueteries décrites sont de bois gris avec des fleurs (sycomore maillé) ou de bois de rose avec des rosettes blanches...Ne voyant pas décrit ce qui nous semble aujourd'hui comme étant l'un des motifs les plus caractéristiques de Cramer : la marqueterie de rosettes sur fond de bois clair (sycomore ou érable teinté), dite de "cœurs et losanges entrelacés", cela nous incite à penser, qu'à cette époque, il ne produisait déjà plus ce type de marqueterie que l'on peut dater, par conséquent, de la période allant de 1775 à 1780...




A Louis XVI ormolu-mounted marquetry
Table-en-Chiffonnière

by Mathieu-Guillaume Cramer

Inlaid with a floral spray, on the top,
and with a rosette-inset treillis pattern,
also called "interlaced hearts and lozenges "
on a bois jaune ground.
The sides and reverse similarly-decorated.

The rectangular top with pierced
three-quarter gallery above a frieze drawer 
on faux-fluted tapering legs 
terminating in ormolu sabots.

Stamped Mathieu-Guillaume Cramer
(dead in 4 July 1804) 

Master 4 September 1771

circa 1775 - 1780

Width 20 1/5 in.
Depth 15 1/2 in.
Height 29 1/2 in.


Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIe siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002 

" Les Ébénistes Français de Louis XIV à la Révolution "
   Alexandre Pradère
   Paris - 1989

"L'Art et la Manière des Maîtres Ébénistes Français au XVIIe siècle"
  Jean Nicolay
  Editions Pygmalion - 1976

"Les Ebénistes du XVIIIe siècle"
  Comte François de Salverte
  F. de Nobele, Paris - 1962

"Un maître ébéniste du XVIIIe siècle
  Mathieu-Guillaume Cramer"
  Marc-André Paulin
  L'Estampille, l'Objet d'Art, pages 54 à71
  N° 341, novembre 1999

" French Furniture Makers "
   Alexandre Pradère
  Sté Nlle des Editions du Chêne - 1989

Paire de Grands Fauteuils
"à Châssis"

attribués à Louis Cresson



 


Réf. 1902

Importante paire de Fauteuils à la Reine
et à châssis en bois très finement
mouluré, sculpté et doré.


Ils comportent des dossiers
et des assises, de forme chantournée
et reposent sur des pieds cambrés se terminant 
par des volutes feuillagées à ove.


Les accotoirs, munis de manchette,
sont supportés par des consoles en coup de fouet.


Ils présentent une riche ornementation,
de type rocaille, telle que :


cartouches feuillagés ornés de fleurettes,
volutes, rinceaux feuillagés à godrons,
motifs asymétriques, feuilles d'acanthe 
et agrafes d'angle.


 


Les garnitures à châssis sont recouvertes
de velours de soie ciselé, de couleur vert émeraude.


Louis Cresson
(1706 - juillet 1761)

Reçu Maître, le 28 janvier 1738

 
http://galeriebergerlexique.blogspot.com/search/label/CRESSON

Époque Louis XV

Hauteur 99 cm
Largeur 74.5 cm
Profondeur 79 cm 

 

A pair of Louis XV Fauteuils à Châssis
attributed to Louis Cresson

An important pair of early Louis XV 
carved giltwood Fauteuils à la reine.

Each with a cartouche-shaped back,
padded arms and shaped seat upholstered à châssis
with green floral silk velvet, the chanelled frame 
carved to the cresting with a foliate spray,
the outscrolled arms above cabriole legs 
terminating in foliate-carved feet.

Louis Cresson
(1706 - July 1761)

Master 28 January 1738

Height 39 in.
Width 29 1/4 in.
Depth 31 in.



Rare Commode Tombeau
en "Sarcophage"

par Étienne Doirat

 

Réf. 1539

Rare Commode Tombeau, dite
en "Sarcophage", à plan rectangulaire
et montants arrondis,  de forme galbée,
en placage de bois de violette
marqueté en feuilles.

 
Elle ouvre par trois rangs de tiroirs
superposés et repose sur des montants,
dont la partie basse, en retrait,
est prolongée par des petits pieds cambrés 
réunis par une traverse chantournée.


Elle présente une riche ornementation 
de bronze ciselé et doré telle que : 
lingotière, entrées de serrure, macarons, 
poignées tombantes, cornes d'abondance,
tablier feuillagé en trois parties
orné d'un mascaron, chute d'angles

aux masques de satyre, 
descentes de chutes et sabots.


Le dessus, aux angles arrondis en façade,
est orné d'une marqueterie composée
de figures géométriques dans des réserves
et d'une rosace centrale plaquée en feuille.

Estampille d'Étienne Doirat


(vers 1675 - 25 juin 1732)

http://galeriebergerlexique.blogspot.fr/search/label/DOIRAT%20Etienne


Fin de l'époque Louis XIV

vers 1710 - 1715

Largeur 127 cm
Profondeur 61.5 cm
Hauteur 81.5 cm



Notice


Parmi les commodes, dites "en tombeau", qui constituent, sous la Régence, une production très en vogue, il est important de noter que la forme de ce meuble a fait l'objet de quelques variantes.

C'est ainsi qu'il faut distinguer la commode tombeau classique à trois rangs de tiroirs, de celle "à pont" et de celle "en sarcophage", qui est la plus rare.

La nôtre présente la particularité d'avoir conservé son plateau d'origine en bois marqueté ceint d'une lingotière en bronze doré.



L'estampille de son auteur figure, sous le plateau, sur la tête de pied antérieur gauche.




Son originalité réside dans sa forme très spécifique caractérisée, pour ce type de commodes, par un décrochement inférieur du bâti, qui permet de mieux mettre en valeur le resserrement du meuble vers le bas.

Ce décrochement est comparable à celui figurant sur les pieds d'un bureau illustré sur les dessins de Gilles-Marie Oppenordt, conservés au Cooper Union Museum de New-York et sur celui d'un projet attribué à André-Charles Boulle, conservé au Musée des Arts décoratifs à Paris.



Les ébénistes ayant réalisé de tels meubles ont pour nom : Boulle, Cressent, Delaitre, Doirat, Gérard ou Poitou.



A Louis XIV Commode Tombeau

by Etienne Doirat

A fine Louis XIV / Regence ormolu-mounted
and kingwood marquetry Commode
"en Sarcophage".

The rectangular shaped and moulded
marquetry top, above three ranks
of drawers mounted with foliate bronzes,
on recessed supports extended in
small cabriole feet joined together
by a serpentine-shaped apron, and
terminating in scrolling sabots.


Stamped Étienne Doirat
circa 1675 - 25 June 1732

End of Louis XIV period
circa 1710 - 1715

Width 50 in.
Depth 24 1/4 in.
Height 32 in.


Note


Among the so-called commodes 'en tombeau' which were in vogue during the Regence period, different shapes were used. The classical commode 'en Tombeau' with three ranks of drawers is thus different from the one 'à pont' or the one, scarcer, 'en sarcophage'.

Our commode has the particularity to show its original marquetry top and is stamped under the top, on the left support.

Its originality lies in its specific shape, characterised by a recess of the lower part, that brings out the tightening downwards. That tightening is similar to the one of a desk illustrated by Gilles-Marie Oppenordt's drawings, stored at the Cooper Union Museum of New-York and the one of a project attributed to André-Charles Boulle, stored at the Musée des Arts Décoratifs in Paris.

The cabinet-makers who realised such pieces of furniture were Boulle, Cressent, Delaitre, Doirat, Gérard or Poitou.  
 


Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIème siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002 

"Les Ebénistes du XVIIIème siècle"
  Comte François de Salverte
  F. de Nobele, Paris - 1962

"L'Art et la Manière des Maîtres Ebénistes Français au XVIIème siècle"
  Jean Nicolay
  Editions Pygmalion - 1976

"Le Style Régence"
  Calin Demetrescu
  Les Éditions de l'Amateur - 2003

"Les Commodes Tombeaux"
  L'Estampille, l'Objet d'Art, pages 50 à 65
  N° 260, Juillet - Août 1992