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  « Sur un air de carillon»

Important Cartel d'Applique à Carillon
"Le Corbeau et le Renard"

par Joseph de Saint-Germain à Paris




Réf. 1793

Rare et exceptionnel Cartel d'applique
à Carillon de forme violonée,
en placage de corne verte et bronze doré.




Il comprend trois parties et
présente une riche ornementation
de bronze très finement ciselé, ajouré et doré,
dans l'esprit rocaille, telle que :



chutes d'angle, volutes et contre-volutes feuillagées,
cartouches godronnés, grenades éclatées et cul de lampe.


L'amortissement est orné d'une figurine
représentant Triton jeune,
dieu marin messager des flots,
tenant une pique assis sur un cheval marin.



Le soubassement de la porte est orné
d'une scène évoquant la fable du
corbeau et du renard.


 




Le mouvement de Terrot et Thuillier, 
Maîtres Horlogers à Genève, est associé
à un mécanisme à carillon.



Estampille de Joseph de Saint-Germain à Paris
Reçu Maître, le 3 juillet 1750

Époque Louis XV

Hauteur 147 cm
Largeur 51 cm
Profondeur  25.5 cm





Notice

Véritable chef d’œuvre de style rocaille, notamment au regard de sa forme chantournée, de la qualité de ses bronzes et de la corne verte qui le recouvre, notre cartel est également une somme de technique et d'ingéniosité, quant au mouvement qu'il renferme.

Il porte la marque de Terrot et Thuillier, Maîtres Horlogers et Penduliers à Genève (1735 - 1750), ce qui lui confère la particularité d'avoir été commercialisé par deux négociants en horlogerie associés, parmi les plus importants de leur époque qui, pour sa mécanique, ont passé leur commande à un atelier des Montagnes Neuchâtelloises et à l'un des meilleurs ébénistes parisiens spécialisés dans les boîtes de cartel, Joseph de Saint-Germain, associé à son fils, Jean-Joseph de Saint-Germain, célèbre Fondeur-Ciseleur pour ses bronzes.

Le mécanisme à carillon peut être attribué à Pierre Jaquet-Droz (1721 - 1790) ou à Josué Robert (1691 - 1771).

Les familles Jaquet-Droz et Robert, liées par des alliances matrimoniales ont, tout comme les Frères Huguenin marqué l'histoire de la pendulerie neuchâteloise. 
Afin d'être au plus près de leur clientèle étrangère, certaines dynasties établirent même des succursales à Paris et à Londres, bénéficiant ainsi des savoir-faire dans les domaines de l'ébénisterie et des bronzes d'ameublement.

Si, d'un point de vue mécanique, le mouvement de notre cartel est relativement classique pour une production de l'époque (heure et sonnerie), sa rareté repose sur l'association d'un exceptionnel carillon.

Dans les écrits de l'époque, ce type d'ouvrages était qualifié de "riche" ou de "Paris"...C'est ainsi que l'on peut retrouver la trace de divers documents, qui sont reproduits par Alfred Chapuis (1880 - 1958), Historien de l'Horlogerie Neuchâteloise, dans les écrits qu'il consacre à ce sujet avec certaines expressions anecdotiques comme, par exemple, "pendule riche à boîte de Paris" ou "boëtte et soubassement de Paris"...

Les pendules neuchâteloises utilisant comme décor la corne verte et le bronze finement ciselé et doré sont, pour le moins, rares, en tous cas plus rares que celles ornées d'écaille de tortue, ces deux matériaux étant réservés aux productions les plus prestigieuses : pendules à musiques (carillon sur cloches ou jeu de flûtes), à oiseaux chantant ou à automates...

Vers le milieu du 18e siècle, la corne est principalement utilisée à Paris, en matière d'art décoratif. La technique consistait à découper l'extrémité des cornes les plus claires possibles, à les "dérouler", puis à les aplatir pour en faire des plaques d'une épaisseur d'un millimètre environ, qui étaient ensuite appliquées sur les différentes parties de la "boîte", une fois cette couleur verte si caractéristique obtenue à l'aide d'un papier, préalablement teinté avec des oxydes de cuivre, puis inséré entre la corne et l'ébénisterie...

Le principe de fonctionnement du mécanisme de carillon sur cloches est longuement décrit et illustré par Alfred Chapuis dans son ouvrage "Pendules neuchâteloises, Documents nouveaux" (1930, pp. 227-229, fig. 261-262)

La réserve de marche du mouvement est de huit jours.

Le mouvement est composé de platines, de forme rectangulaire, en laiton à deux ressorts et deux corps de rouage. Le train du temps, dit rouage horaire, comprend un échappement à roue de rencontre, dit à verge, une suspension à fil et un balancier pendulaire composé d'une tige en acier et d'une lentille en laiton. 
Le train de sonnerie comprend un chaperon pour les heures et les demi-heures, qui sont sonnées par un marteau sur une cloche.

Le mécanisme musical, de type carillon, comprend un barillet et une fusée reliés par une chaîne, un rouage et un cylindre, dit aussi rouleau, en laiton garni de picots, qui commande les becs de la barre de clavier jouant huit mélodies différentes sélectionnées de façon manuelle et frappées par quatorze marteaux montés à pivots sur dix cloches, dites aussi timbres, coulées en bronze de cloche.

Le cadran en bronze ciselé et doré comprend vingt-quatre cartouches émaillés, dont douze avec des chiffres romains pour les heures et douze avec des chiffres arabes pour les minutes, par tranche de cinq.

Les aiguilles repercées en acier bleui.

La plaque en laiton, ornée de rinceaux feuillagés gravés en taille-douce, indique les différentes fonctions des mécanismes de sonnerie et de musique, ainsi que le choix des mélodies qui peut être fait à l'aide d'un index en acier bleui.

Certains bronzes portent la marque du C couronné.

Quant aux fonctions, on trouve en haut à droite de la plaque, le levier qui permet de mettre ou non en fonction le mécanisme de sonnerie des heures et des demi-heures. On trouve comme indication "S" pour "Sonnerie" (ou "Strike"), et, "N" pour "Non sonne" (ou "No striking").
Au passage de l'heure, ce mécanisme sonne donc les heures écoulées ; au passage des demies, il sonne la demi-heure écoulée.
A gauche de la plaque, on trouve le levier qui permet de mettre ou non en fonction le mécanisme du carillon. On trouve comme indication "S" pour "Sonnerie" (ou "Strike"), et, "N" pour "Non sonne" (ou "No striking"). En position "S", le mécanisme de la musique va se déclencher automatiquement, environ deux minutes avant le passage des heures.
Au centre de la plaque, on trouve un cadran gravé de "1" à "8" permettant le choix de huit airs différents. Le choix de la mélodie est manuel ; il s'effectue en positionnant "au doigt" l'index sur l'un des huit chiffres du cadran.
La mise sous silence des mécanismes de sonnerie et de musique est utile la nuit pour ne pas perturber le sommeil.


A Louis XV musical bracket Clock
by Joseph de Saint-Germain

A Louis XV ormolu-mounted green-stained horn
striking musical bracket clock.


The case and the bracket stamped Saint-Germain.

The movement signed Terrot and Thuillier
 à Genève on the backplate.

The dial with twenty four enamel roman hour chapters
and arabic five minute chapters.


The musique with eight melodies attributed 
to Pierre Jaquet - Droz (1721 - 1790)
or Josué Robert (1691 ( 1771)
à La Chaux-de-Fonds.


The waisted case and bracket decorated overall
with ormolu C-scrolls and foliate mounts.


The top surmounted by a figure
of a Cupid holding an arrow in one's hand 

and seating on a seahorse.

The hinged and glazed door decorated 
with a representation of a La Fontaine's fable,
Le Corbeau et le Renard, cast in relief.


Height 58 in.
Width 20 in.
Depth 10 in.