« Du cristal de roche de la plus belle eau »
Grand Lustre "à Cage"
en cristal de roche
Grand lustre, dit "à cage", en bronze doré,
cristal de roche et verre soufflé.
Il éclaire par huit bras de lumière.
enfilés en verre soufflé.
de cristal de roche taillé à motifs
de poires, plaquettes et boule.
Époque Louis XV, vers 1750
Hauteur 125 cm
Diamètre 75 cm
Notice
Le cristal
Le cristal de roche est en réalité un quartz. Matériau d'une dureté exceptionnelle, avec un indice de réfraction à la lumière proche de celui du diamant, le quartz fut meulé et travaillé depuis la plus haute antiquité. Au Moyen-Age, il fut souvent employé dans la fabrication d'objets religieux.
Le cristal de roche, matériau rare et d'un prix prohibitif fut extrait en France au XVIIe siècle en petites quantités. Cette rareté entraîna les artisans à innover.
L'imitation du cristal est apparue à Venise au XVe siècle. Tout l'art du verrier consista à imiter la limpidité et la luminosité de cette pierre. Pour ce faire, les verriers inventèrent un "cristal" fondu en réalité un verre composé d'un mélange de potasse, de silice, de groisil, de manganèse puis d'oxyde de plomb chauffé entre 1200 et 1500 degrés.
Ce cristal imitait le cristal de roche avec toutefois une nuance plus métallique. Il ne faut donc pas confondre le cristal de roche et ce que nous appelons communément de nos jours le cristal. Ce dernier connut un développement considérable au XVIIIe siècle avec le cristal de Bohème, puis avec les manufactures royales de cristaux. Seul le cristal de roche, matière noble et rare conserva alors tout son prestige et son prix.
Le cristal dans la lustrerie
Le cristal est apparu au XVIIe siècle sur des chandeliers pas encore appelés lustres. Au début du XVIIIe siècle, la découverte de nouveaux gisements en Europe centrale permit de tailler des blocs plus importants et de créer des poignards, des pyramides, des feuilles, des étoiles etc.
Pour estimer le cristal de roche, deux critères étaient définis. Le poids, pesé comme l'argenterie en marcs, onces et gros, et la pureté ou la limpidité appelée alors "l'eau". On disait donc que le cristal était "d'une très belle eau".
Les lustres en cristal de roche au XVIIIe siècle
Au XVIIe siècle, en 1697, Louis XIV offrit aux ambassadeurs du roi de Siam douze grands lustres de cristal de roche. Louis XV posséda dans sa chambre à coucher à Versailles un lustre à douze bobèches livré en 1738 par Delaroue et Slodtz. A son sujet, le duc de Luynes écrivait : "on a mis dans la chambre du roi, un chandelier en cristal de roche d'une grande beauté et que l'on estime au moins à 100 000 livres".
Bouret de Villaumont acheta en juin 1749 "un lustre de cristal de roche monté en lyre à six branches" facturé 4690 livres. Il était cependant d’un prix modeste en comparaison de celui possédé par la marquise de Pompadour. En décembre 1752, Lazare Duvaux remplaça simplement une bobèche de cristal de roche au "grand lustre" du château de Bellevue et factura 30 livres pour cette réparation.
En 1756, le magnifique lustre à six bobèches qui appartenait au duc de Tallard fut vendu 16 000 livres. Vingt ans plus tard, celui à huit branches du collectionneur Blondel de Gagny était vendu 18 000 livres.
A Large Louis XV
Rock Crystal Chandelier
circa 1750
A large Louis XV height-lights rock crystal
mounted and gilt bronze chandelier,
of serpentine cage form,
suspending faceted drops
and pendants above a ball boss.
Height 49 1/4 in.
Diameter 29 1/2 in.












