Elle comprend un plateau extensible
dit "à l'italienne"
et repose sur un piétement composé
de sept colonnes légèrement renflées
reliées entre elles par une entretoise
en forme de croix de Lorraine
et terminés par des pieds boules.
France, Val de Loire, vers 1570 - 1580
Longueur (fermée) 118 cm
Longueur (ouverte) 228 cm
Largeur 69 cm
Hauteur 83 cm
Notice
La croix de Lorraine, anciennement croix d'Anjou, est une croix à double barres transversales égales. Elle symbolise les reliques de la Vraie Croix en bois noirci déplacée depuis Constantinople jusqu'aux terres du Val de Loire, où elle est vénérée, dès le XIVe siècle par les ducs d'Anjou.
De forme angevine par adoption, elle inspirera les dessins de Jacques Androuet Du Cerceau (1520 - 1586) et les réalisations des huchiers du Val de Loire pendant toute la période de la seconde Renaissance.
Notre table appartient à un modèle créé par les huchiers, parallèlement à celui des tables dites "à éventails" ou "à patins". Ce modèle, toujours à double-tirettes, est alors formé d'une traverse centrale moulurée coupée de deux, voire parfois quatre et six traverses de même modèle, mais plus courte, dont le schéma d'ensemble reconstitue, le plus souvent, une double croix, d'où son appellation de table "en croix de Lorraine". Dans le cas de traverses multiples, ces dernières sont toujours moulurées et débordantes et ne sont absolument pas à confondre avec celles, incluses à l'intérieur des pieds, qui apparaissent au début du XVIIe siècle, sous la forme d'une entretoise en H.
Ces tables, dites "en croix de Lorraine", possèdent, donc, en général sept pieds, les plus grandes allant jusqu'à onze pieds, presque toujours à fûts lisses et bagués en leurs extrémités.
La table que nous présentons est un parfait et bel exemple de table "en croix de Lorraine" réalisée dans un bois de noyer de la plus belle essence avec une très belle patine. Le plateau et les tirettes sont assemblés à l'aide d'emboîtures latérales. Le galbe des fûts, très élégant, permet de la dater aux alentours de 1570 - 1580.
La massivité du piétement est étudiée, afin de conférer un bon équilibre à l'ensemble, lorsque les tirettes sont étirées.
Les toupies, en pendentifs aux quatre angles de la ceinture décaissée, ajoutent à l'aspect déjà très raffiné de ce modèle datant de la seconde Renaissance.
Les tirettes sont, le plus souvent, munies en leurs extrémités de taquets, afin de pouvoir les étirer plus facilement.
Une table "en croix de Lorraine" à sept pieds du même modèle que la nôtre, actuellement dans une collection privée, figurait dans l'ancienne collection de Madame Jacqueline Boccador.
Bibliographie"Le Mobilier français du Moyen Age à la Renaissance"
Jacqueline Boccador
Éditions d'Art Monelle Hayot - 1988