Tableau en marqueterie réalisé par
Armande et Geoffroy de Bazelaire
à l'occasion du centième anniversaire
de la Galerie Berger ( 1905 - 2005 ).

Vues du Parc Royal de Bruxelles

Vers 1798


Réf. 2165

Vues du Parc Royal de Bruxelles
animées de nombreux personnages.

Elles représentent, pour l'une, l'entrée faisant face
au Palais de la Nation avec, au fond, le grand bassin,
de forme circulaire, se trouvant au point de convergence
des allées diagonales avec l'allée centrale et,
au premier plan sur la droite, le célèbre groupe sculpté
par Gilles-Lambert Godecharle, en 1784,
symbolisant le commerce et la navigation, 
sur lequel on peut voir Mercure enfant coiffé
de son casque ailé tenant son caducée
et un autre enfant maintenant un médaillon 
aux armes du Prince de Starhemberg,
alors Ministre plénipotentiaire autrichien à Bruxelles
sous le règne de l'Impératrice Marie-Thérèse.

Et, pour l'autre, le grand bassin, dont le pourtour
est orné de douze bustes d'empereurs romains (8)
par Laurent Delvaux (1696 - 1778)
et des représentations d'Apollon (11)
par François-Joseph Janssens (1744 - 1816),
de Narcisse (13) et, de Diane (14)
par Gabriel de Grupello (1644 - 1730),
de la Vénus aux Colombes (12)
par Ollivier de Marseille (1739 - 1788)
et, enfin au premier plan,
de celles de Léda (10) et de Thétis (9)
par Jean-Baptiste Van der Haeghen (1688 - 1738).

Encre noire, lavis gris et réhauts de gouache

Vers 1798


Dimensions

Vues 

Hauteur 43.5cm
Largeur 69 cm

Cadres

Hauteur 61 cm
Largeur 86 cm



Histoire du Parc Royal de Bruxelles

Cette promenade publique, conçue dans le cadre plus vaste d'un quartier entièrement neuf, créé suivant le goût néo-classique du moment, illustre les débuts de l'urbanisme dans la ville sous Charles de Lorraine.

Le projet d'aménager en parc le terrain de la Warande, incendiée en 1731, naît à Paris en 1774 avec celui de la Place Royale et est mis en forme par l'architecte français Barnabé Guimard, assisté de l'architecte-paysagiste autrichien Joachim Zinner. Les jardins du Palais ducal, agrandis aux XIVe, XVe et XVIe siècles, couvraient un terrain traversé par le Coperbeek, compris entre la première et la deuxième enceinte de la porte de Namur à la porte de Louvain. Le "petit parc" abritait une lice pour tournois, un jardin clos appelé "feuillie" ou "labyrinthe", l'étang Clutinc, un jardin de fleurs et un vignoble, remplacé ensuite par un verger. La garenne boisée servait de réserve à gibier pour la chasse. La Warande fut embellie successivement par Philippe Le Bon, Charles Quint -en style Renaissance-, Albert et Isabelle, qui financèrent fontaines, grottes et automates de Salomon de Caus, ainsi que la "domus Isabellae".

Les travaux du nouveau parc, décidés en 1776, par le gouvernement et la Ville, confirmés par une lettre patente de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche, comportaient le nivellement du terrain, la plantation et l'ornementation du parc.

Le parc dessine un quadrilatère qu'encadrent de larges artères bordées d'hôtels : les rue Royale à l'ouest, de Brabant au nord (actuelle rue de la Loi), Ducale à l'est et de Belle-Vue au sud (actuelle place des Palais). Il est traversé d'allées rectilignes et symétriques prolongées par des perspectives. Le tracé général en "patte d'oie" est commandé par celui de l'allée oblique qui est axée, au sud-ouest, sur la statue de Charles de Lorraine à élever au milieu de la place Royale et par celui de l'allée médiane, qui débouche, au sud, dans l'axe de la rue et du portique de la Chambre héraldique. Les allées dirigées, d'est en ouest, se prolongent de même dans des impasses qui sont, du nord au sud, à l'est, les futures rue de la loi, Zinner et Lambermont alors fermées par le rempart planté d'arbres, à l'endroit du futur boulevard du Régent et, à l'ouest, l'impasse du Parc, la Montagne du Parc et le passage de la Bibliothèque, fermés vers la ville ancienne située en contrebas.

Le parc est entouré d'une haie et accessible par trois entrées principales flanquées de pavillons -une au nord de l'allée centrale et une à l'extrémité sud de chaque allée diagonale- dessinées par Barnabé Guimard et exécutées en 1782. Des entrées secondaires s'ouvrent au bout des allées transversales. Il est agrémenté, dans l'axe, de deux bassins, dont le plus grand se trouve au point de convergence des allées diagonales avec l'allée centrale : il avait été prévu d'y élever un obélisque en l'honneur de Marie-Thérèse, d'après un projet dessiné par Gilles-Lambert Godecharle en 1779, mais c'est finalement une fontaine qui en occupe le centre depuis 1855. Le parc est encore orné d'une cinquantaine de statues, dont certaines proviennent, soit de l'ancien labyrinthe de la Warande, soit de l'hôtel de Tour et Taxis, soit, en 1783, du château de Charles de Lorraine à Tervueren, pour lequel elles avaient été exécutées en 1770 par Laurent Delvaux (1696 - 1778). Administrée par la Ville, depuis 1797, la promenade sera, dès sa création, le rendez-vous du beau monde dont, à deux reprises, les aristocrates français émigrés. En 1830, soldats hollandais et patriotes s'y affrontent, prélude à l'indépendance de la Belgique...

Parc et abords sont terminés vers 1785. Avec la place Royale, ils offrent un exemple typique d'urbanisme néo-classique sur le modèle français de la première moitié du XVIIIe siècle. Ils ont été pensés comme un ensemble fermé sur lui-même, coupé du reste de la ville et ordonnés sur une trame géométrique. Un plateau a été créé de toutes pièces pour les asseoir, qui surplombe la ville du côté ouest. Le parc, dont la symétrie rigoureuse du tracé était encore renforcée par la distribution des essences -tilleuls à larges ou petites feuilles, ormes, hêtres, platanes- au bord des allées, étaient étroitement lié à son environnement architectural par les perspectives qu'il ménageait et que fermaient divers dispositifs : portique de la Chambre Héraldique dans l'axe de l'allée centrale, passage des Colonnes au fond de la Place Royale, dans l'axe de l'allée oblique, écran de verdure masquant la "domus Isabellae" au fond du passage de la Bibliothèque, avant-corps resserrant l'entrée de l'impasse du Parc, grilles entre édicules fermant l'extrémité est de la rue de Brabant et l'entrée des futures rues Zinner et Lambermont.

Quadrilatère de 13 ha réparti en massifs géométriques par des allées larges bordées de pelouses ; quatre allées en pourtour bordées de tilleuls palissés à plat sur des baguettes de frêne ; cinq allées traversières plantées de grands arbres, dont des marronniers ; soit trois allées disposées "en patte d'oie" au départ d'un rond-point décentré vers le nord, occupé par le grand bassin et deux allées transversales parallèles.

Plan du Parc Royal de Bruxelles

Le long des allées, des carrefours et à l'entrée des massifs, nombre de statues de marbre ou de pierre blanche symbolisant des thèmes mythologiques remontant au XVIIIe, voire au XVIIe siècle sur des socles de pierre bleue parallélépipédiques, cylindriques ou sculptés. Au départ de l'entrée située devant le Palais de la Nation, dans l'allée médiane, quatre représentations d'Hermès faisant partie d'une série sculptée par Laurent Delvaux en 1766 (7) ; autour du grand bassin de plan circulaire, douze bustes d'empereurs romains de Laurent Delvaux, dont le socle est orné de rinceaux de feuilles de chêne (8) ; devant, au pied d'une ligne de tilleuls palissés, quatre statues disposées en carré, montées sur un socle Régence en forme de balustre et représentant, au nord-ouest, Vénus à la toilette par Pierre Puyenbroeck (9), en remplacement  d'une Thetis de Jean-Baptiste Van der Haeghen détruite en 1830, au nord-est, Léda (10) par Jean-Baptiste Van der Haeghen en 1734, au sud-est, Apollon (11) par François-Joseph Janssens et, au sud-ouest, Vénus aux colombes (12), copie par Albert Desenfans en 1887 d'un original de Auguste Ollivier de Marseille en 1774 ; les séparant deux par deux, à l'ouest et à l'est, un vase en pierre orné de têtes de satyres, œuvre de Jean-Baptiste Van der Haeghen. Au départ des allées obliques, à l'ouest, Narcisse (13), copie par Albert Desenfans en 1899 d'un original de Gabriel de Grupello antérieur à 1675 et, à l'est, Diane (14), copie d'un original de Gabriel de Grupello. A l'entrée des massifs, au sud, sur des socles ornés de trophées, deux statues de Pierre Lejeune en 1786 renouvelées par Jacques Marin en 1925 et figurant, à l'ouest, Méléagre attaqué par un sanglier (16) et, à l'est, Méléagre vainqueur (15). Au carrefour avec l'allée transversale sud, petit bassin de plan octogonal entouré de huit Hermès, dont six relèvent de la série sculptée par Laurent Delvaux en 1766 (17) ; les deux au sud à Pierre  Puyenbroeck en 1842 figurant Ambiorix et Vercingétorix (18) ; au sud du bassin, petite fontaine-abreuvoir pour enfants, en bronze, ornée d'une Fillette à la coquille, œuvre de Alphonse de Tombay en 1898 (19).

En lisière sud des "bas-fonds", vers la place des Palais, des balustrades de pierre portant à leur extrémité vers l'allée centrale un lion sculpté ; dans le bas-fond est, une réplique par Jérôme Duquesnoy le Jeune d'une Marie-Madeleine couchée dans une grotte (20), et un buste en bronze de Pierre le Grand offert en 1854 à la Ville pour être posé à côté d'une petite fontaine où le tsar s'était désaltéré pendant son séjour à la Cour en 1717 (21). A l'extrémité ouest de l'allée transversale deux statues de Laurent Delvaux en 1770, Flore (22) au nord et Pomone (23) au sud. Dans le massif voisin, un lion couché, la patte sur une sphère, copie par Alphonse de Tombay (26). Dans un angle de l'allée oblique ouest avec l'allée transversale sud, une statue de la Charité (24), réplique par Jacques Marin en 1925 d'un original de Michel Vervoort (1667 - 1737) et un buste de Lucrèce (25). Symétriquement, du côté est, une Vénus à la coquille (27), copie d'un original attribué à Gabriel de Grupello, deux bustes de Cléopâtre (29) et d'Alexandre le Grand (28). Dans le massif voisin, la statue d'un chien aboyant (30), copie par Alphonse de Tombay en 1815. Dans l'angle nord-ouest du massif médian du côté de la rue Ducale, un monument en l'honneur du sculpteur Gilles-Lambert Godecharle (1750 - 1835) : sur un piédestal de pierre bleue orné d'un médaillon de marbre blanc et de la dédicace, une statue en marbre d'un génie dévoilant l'esquisse, sculptée sur le socle, du bas-relief du maître pour le fronton du Palais de la Nation ; sur la base, date (1881) et signature de Vinçotte (31).

Au milieu du massif central situé à l'ouest de l'allée médiane, se trouve un kiosque en fonte ouvragée peinte en vert de Cluysenaar en 1841 (32).

 Console d'Applique
en bois doré


Réf. 2254
 
Console
d'Applique, de forme arbalète,
en bois finement sculpté et doré.

Elle repose sur deux pieds à double cambrure
et un montant central réunis par une entretoise.

Elle présente une riche ornementation
dans le goût baroque, à motifs de coquilles,
rosaces, agrafes, rinceaux feuillagés,
fleurettes, volutes, godrons
et feuilles d'acanthe.

Dessus en marbre Sarrancolin

Époque Régence

Largeur 127 cm
Profondeur 63 cm
Hauteur 86 cm

 Paire de Rafraîchissoirs
en tôle laquée

Réf. 2282

Paire de Rafraîchissoirs à bouteille
en tôle laquée ornés d'un décor en relief
rehaussé d'or et laque colorée.


Ils représentent des scènes de chinoiseries
dans des paysages montagneux sur fond noir.

Les fers sont vernis en couleur d'or.

Paris, troisième quart du XVIIIe siècle

Hauteur 17.5 cm
Diamètre 19 cm

Bibliographie

"Les Secrets de la Laque française
  Le vernis Martin"
  Catalogue de l'exposition
  Musée des Arts Décoratifs, Paris
  (du 13 février au 8 juin 2014)

Élément de Transparent

par Louis Carrogis,
dit "Carmontelle"
(1717 - Paris - 1806)


Réf. 2267

Élément de Transparent représentant
une scène pittoresque de la "Campagne de France"
traitée à l'aquarelle et à la gouache
sur papier Whatman.


Elle campe un paysage imaginaire construit
autour d'une rivière artificielle à "l'anglaise" avec,
sur la droite, un tempietto édifié sur une île,
tandis qu'une assemblée d'hommes
et de femmes de qualité se promènent
tout en devisant sur la rive opposée
ou s'adonnent au plaisir d'une partie
de pêche, au premier plan.

Circa 1783

Dimensions 

Vue 

Hauteur 32 cm
Largeur 43 cm

Cadre

Hauteur 46 cm
Largeur 58 cm

Louis Carrogis, dit Carmontelle

1717 - Paris 1806


Autoportrait, vers 1762
Chantilly, Musée Condé




Notice

Davantage connu pour ses portraits aquarellés de la bonne société réalisés, pour la plupart, de profil et ses vues de jardin à la mode pittoresque, Carmontelle réalisa également, dès 1783, des grands panoramas, dits "transparents", représentant des paysages peints sur papier vélin très fin, donc transparent, faits pour être insérés dans une boîte, de type "chambre noire", et déroulés devant une source lumineuse, dont certains pouvaient mesurer jusqu'à 40 mètres de long...

Notre aquarelle est un des éléments composant ces rouleaux illustrant, le plus souvent, une fête, un spectacle populaire ou des divertissements en plein air, mis en scène, dans des jardins colorés savamment agencés.

La plupart de ces transparents ont été démantelés et ne subsistent, malheureusement, plus dans leur intégralité. Seuls quelques-uns ont miraculeusement été conservés, comme "Les Saisons" (42 mètres) au Musée de l'île de France à Sceaux, "Les Paysages de l'île de France" (12,50 mètres) au Musée Condé à Chantilly, "Jardin pittoresque" (5 mètres) au Musée Getty, "Monuments de l'île de France" (22.50 mètres) dans une collection particulière française et trois autres exemplaires des "Paysages de l'île de France" dans une autre collection particulière française.

Compte tenu de leur rareté et de leur fragilité, due à la nécessité de l'extrême finesse du papier Whatman, afin de pouvoir laisser filtrer une source de lumière, très peu de transparents subsistent, ce qui donne à notre élément une valeur de document, qui nous permet de nous faire une idée de ce que pouvait rendre, une fois assemblés, mis bout à bout et déroulés un plus ou moins grand nombre d'éléments devant une assemblée de spectateurs plongés dans l'obscurité.

Comme l'élément représentant une scène des "Saisons" conservé au Musée de l'île de France à Sceaux, le nôtre a subi, la même opération de marouflage qui, compte tenu de la finesse du papier, a entraîné la formation de quelques plis.



Un transparent conservé dans une collection particulière nous éclaire sur la technique et la manière dont étaient assemblés les éléments.



Comme au début d'un film, une certaine longueur noire permettait l'amorçage de la bobine/rouleau.
L'envers du transparent montre également la présence d'un galon collé assurant la tenue du papier et l'empêchant ainsi de se déchirer lors des enroulements/déroulements.


Le schéma ci-dessus montre comment les rouleaux installés dans la boîte étaient actionnés par des manivelles.

Un extrait tiré d'un mémoire sur ses tableaux transparents nous éclaire sur la technique mise au point par Carmontelle :  

"Ces tableaux sont peints sur une bande de papier de Chine ou de papier vélin de la hauteur  d'environ 15 pouces et de la longueur de 80 à 180 pieds selon la quantité d'objets successifs qu'on veut représenter, et cette bande de papier est bordée par le haut et par le bas d'un galon noir qui l'empêche de se déchirer.
Pour que les objets peints sur cette bande de papier passent successivement, elle est montée sur deux rouleaux de bois renfermés dans une boîte noircie et placés à ses extrémités. Cette boîte à deux ouvertures d'environ 26 pouces chacune, où sont deux portes qui se relèvent pour laisser passer la lumière du jour au travers du papier peint. A l'axe de ces rouleaux on adapte une manivelle qui fait tourner un des rouleaux sur lequel se replie toute la bande de papier qui enveloppe l'autre rouleau qui, tournant aussi, fait passer successivement  tous les objets peints sur ce papier.
Pour peindre ces papiers transparents, il faut les appuyer, avant l'installation dans la boîte, sur un des carreaux d'une croisée, pour voir l'effet des nuances de couleurs à mesure que l'on travaille car si l'on peignait ce papier à plat sur une table, comme on dessine ordinairement, on serait surpris du peu d'effet que ferait cet ouvrage, au lieu que de l'autre manière on y arrive très surement.
Pour peindre des différents objets qu'on a représentés, on n'emploie que des couleurs gommées qui sont le bleu de Prusse, le carmin, l'encre de Chine, l'indigo, la laque verte, qui mêlée avec la gomme gutte, donne différents tons aux verts. Pour les ombres, du noir d'ivoire, du brun rouge ou du bistre, pour les tons rougeâtres du vermillon plus ou moins fort".

Musées 

Musée Condé à Chantilly

Musée Getty à Los Angeles

Musée de l'île de France à Sceaux

Musée du Louvre à Paris

 

Expositions

"Jardins romantiques français"
  Musée de la vie romantique - 2011 à Paris

"L'esprit des Lumières vu par Carmontelle"
  Musée Condé - Château de Chantilly
  (du 21 mars au 27 août 2012)

"Carmontelle ou le temps de la douceur de vivre"
  Musée Condé - Château de Chantilly
  (du 5 septembre 2020 au 3 janvier 2021)

"Le voyage en images de Carmontelle, divertissements
  et illusions au siècle des Lumières"
  Château de Sceaux - 2008
  Musée de l'Ile de France - Sceaux

  Château de Sceaux - 2019

 

Bibliographie

"Carmontelle au Jardin des illusions"
  Monnelle Hayot

"Mémoire sur les tableaux transparents du citoyen
  Carmontelle l'an III de la liberté"
  (Manuscrit de Carmontelle conservé à la Bibliothèque d'Art et d'Archéologie de Paris)

"Les Transparents de Carmontelle"
  Pierre Francastel
  L'Illustration, 17 août 1929, p. 159

"Les Quatre Saisons de Carmontelle, Divertissements
  et Illusions au siècle des Lumières"
  Geneviève Lagardère, Paris - 2008

  Catalogue de l'exposition du musée de l'Ile de France,
  Sceaux - 2008

"Le Dépaysement. Voyages en France"
  Jean-Christophe Bailly

"Louis Carrogis dit Carmontelle
  Le Transparent des campagnes de France
  Xavier Salmon
  Louvre Éditions / Somogy éditions d'art - Paris

 

 Baromètre - Thermomètre
"aux Tourtereaux"

par Gohin, à Paris


Réf. 2257

Grand Baromètre -Thermomètre
"aux Tourtereaux" en bois très finement
sculpté, ajouré et doré.

Il présente une riche ornementation,
dans l'esprit néoclassique, telle que :
cartouche à volutes, guirlande de fleurs,
rang de perles, feuilles d'acanthe,
jeu de fou, culots et tors de laurier.

Le thermomètre, selon Réaumur,
comme le baromètre portent l'inscription :
"L'Ing...r Gohin, Opticien Breveté
Rue Neuve St Eustache N° 24 à Paris"
.

Époque Transition, vers 1770 -1774

 
Hauteur 112 cm
Largeur 43 cm

 Paire de Coins de Feu
"en Cabriolet"

par Henri Amand
 

Réf. 2255

Paire de Coins de Feu cannés
et garnis à dossiers, dits "en Cabriolet",
en bois de hêtre finement
mouluré, sculpté et peint.

Ils présentent une belle ornementation
à motifs de fleurettes, volutes et feuilles d'acanthe
et reposent sur des petits pieds cambrés
se terminant en volutes.

Estampille de Henri Amand

Reçu Maître, le 17 novembre 1749


Époque Louis XV

Hauteur totale 85 cm
Largeur 64 cm
Profondeur totale 63 cm
Hauteur assise 35 cm
Profondeur assise 48 cm

 

Notice

Les dimensions inhabituelles de cette paire de sièges, en même temps que leur faible hauteur d'assise, nous permettent de les désigner comme des coins de feu, dont le confort est, ici, optimisé par la présence d'une garniture partiellement mobile.

 Bonheur du Jour
"à Gradin"

par Léonard Boudin

Vendu


Réf. 2122

Bonheur du Jour "à Gradin",
de forme galbée, en marqueterie fine à décor floral.

Il ouvre par trois petits tiroirs,
dans sa partie supérieure, une tirette formant écritoire,
dans sa partie médiane, ainsi que deux tiroirs
et deux vantaux, dans sa partie inférieure.


Il repose sur des montants à double cambrure
prolongés par des pieds réunis
par une tablette d'entrejambe.

Il est orné d'une riche marqueterie à décor
finement gravé de branchages
et bouquets de fleurs dans des réserves
feuillagées teintées "au naturel"
sur fond de bois de rose délimitées
par des encadrements sinueux
en bois d'amarante.

Il présente une ornementation
de bronze ciselé et doré, telle que :
boutons de tirage, entrées de serrure,
chutes d'angle et sabots.

Époque Louis XV


Estampillé à deux reprises dans le tiroir de droite (partie inférieure) avec le poinçon JME de la jurande des menuisiers-ébénistes.

Léonard Boudin
(1735 - 1807)

Reçu Maître, le 4 mars 1761

 

Largeur 67 cm
Profondeur 40 cm
Hauteur 104 cm


Notice

Au début de sa carrière, Boudin travaille pour le marchand-ébéniste Migeon, auquel il fournit des meubles ornés de marqueteries florales ou de vernis à la façon des laques de Chine. 

Dans les années 1770, sa réputation grandissant et ses marqueteries devenant particulièrement recherchées, d'autres ébénistes comme Louis Moreau ou Gérard Péridiez, ainsi que des tapissiers lui passent des commandes, si bien qu'en 1772, tout en poursuivant son activité d'ébéniste, il ouvre son propre magasin de vente rue Fromenteau, dans le quartier du Palais-Royal, et fait, à son tour, travailler certains de ses confrères...

Utilisant, ainsi, les produits de ses "sous-traitants", il lui arrive fréquemment d'apposer son estampille à côté de la leur... Il n'en demeure pas moins qu'en dépit de leurs origines multiples, les meubles signés de Boudin reflètent, en définitive, le "goût Boudin", qui est toujours d'un très haut niveau.

D'une manière générale, il est admis que ce sont les modèles Louis XV, qui ont le plus de chance d'être sortis de son propre atelier...

Notre bonheur du jour rentre pleinement dans cette catégorie. Dans l’œuvre de Boudin, il incarne, non seulement, un modèle emblématique, mais il offre, de surcroît, l'un des traits les plus caractéristiques de sa production, avec la présence de petits cercles inclus dans les encadrements sinueux, qui délimitent les panneaux de marqueterie florales à chacun de leurs angles.


En raison d'un trop petit "corpus", très peu d'exemplaires ont été inventoriés à ce jour...:
Le dernier, en date, est passé en vente chez Christie's, à Paris, le 14 mai 2014 (adjugé pour la somme de 52 000 € sans les frais) ! 


Un autre, décrit comme "un petit meuble bonheur du jour Louis XV, dessus à étagères, tablette d'entrejambe" est passé successivement en vente à Paris, en 1937, puis à Londres, en 1960.


Bibliographie

"Le Mobilier Français du XVIIIe Siècle"
  Pierre Kjellberg
  Les Éditions de l'Amateur - 2002

"Les ébénistes du XVIIIe siècle"
  Comte François de Salverte
  F. De Nobele, Paris - 1962

 
"Les Ébénistes français de Louis XIV à la Révolution"
  Alexandre Pradère
  Paris - 1989 
 
"L'Art et la Manière des Maîtres Ebénistes Français" au XVIIIe siècle
  Jean Nicolay
  Editions Pygmalion  - 1986